L’alimentation durable : de quoi parle-t-on vraiment ?
Le terme alimentation durable est de plus en plus utilisé, aussi bien dans les médias que dans les stratégies d’entreprise.
Mais derrière ce mot-valise, les définitions et les interprétations peuvent varier.
Deux références font aujourd’hui consensus :
La définition de la FAO
Selon la FAO, une alimentation durable repose sur des systèmes alimentaires capables de nourrir les populations, aujourd’hui et demain, tout en préservant les ressources naturelles.
Elle s’appuie sur quatre grands piliers :
- Nutrition et santé : une alimentation nutritionnellement adéquate, saine et sûre
- Environnement : des pratiques protectrices et respectueuses des écosystèmes
- Socio-culturel : une alimentation culturellement acceptable
- Socio-économique : des systèmes économiquement viables, accessibles et abordables
Cette approche rappelle que l’alimentation durable ne se limite ni à un régime alimentaire, ni à un simple choix de produit.
La définition de l’ADEME
Pour l’ADEME, l’alimentation durable correspond à l’ensemble des pratiques alimentaires qui visent à nourrir les êtres humains en qualité et en quantité suffisante, aujourd’hui et demain, dans le respect de l’environnement, tout en étant :
accessible économiquement,
et rémunératrice sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.
👉 En résumé, une alimentation durable est bonne pour la santé, respectueuse de l’environnement, juste socialement et économiquement viable.
Pourquoi l’alimentation durable est un enjeu stratégique majeur
L’alimentation constitue un secteur clé de la transition écologique, mais ses enjeux dépassent largement la seule question environnementale.
1. Un enjeu sanitaire majeur
Dans les pays industrialisés, le lien entre alimentation et maladies chroniques est aujourd’hui clairement établi.
Cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète, obésité : les comportements alimentaires jouent un rôle central.
La nutrition représente désormais le premier facteur de perte d’années de vie en bonne santé, devant le tabac et l’alcool.
Améliorer la qualité de l’alimentation est donc un levier essentiel de santé publique.
2. Un enjeu social croissant
En parallèle, la précarité alimentaire progresse, y compris dans des pays capables de produire suffisamment de denrées.
Les enjeux sont multiples :
- accessibilité économique pour les consommateurs,
- juste rémunération des producteurs et des acteurs de la transformation,
- conditions de travail et emploi sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.
L’alimentation durable interroge ainsi l’équilibre entre prix, valeur et justice sociale.
3. Un enjeu environnemental global (et pas seulement climatique)
On associe souvent alimentation durable et empreinte carbone.
À juste titre : l’alimentation représente près d’un quart de l’empreinte carbone des ménages français, avec un poids particulièrement important de la production agricole.
Mais l’impact environnemental de l’alimentation va bien au-delà du climat.
- Les systèmes alimentaires influencent directement :
- la santé des sols (érosion, perte de matière organique, dépendance aux intrants),
- la biodiversité (pollinisateurs, diversité des espèces, résilience des écosystèmes),
- la qualité de l’eau (pollution des nappes et des cours d’eau),
- la pollution des milieux (air, sols, résidus chimiques).
👉 Sans sols vivants et sans écosystèmes fonctionnels, il n’y a ni agriculture durable, ni sécurité alimentaire à long terme.
4. Un enjeu économique et stratégique pour les entreprises agroalimentaires
Pour les entreprises du secteur agroalimentaire, l’alimentation durable est aussi un enjeu de performance.
- Elle concerne directement :
- la compétitivité des entreprises,
- la résilience des filières,
- l’attractivité des métiers,
- la réponse aux attentes des clients, des distributeurs et des consommateurs,
- l’anticipation des évolutions réglementaires.
À chaque maillon de la chaîne – du producteur au consommateur – les choix alimentaires deviennent des choix structurants pour l’avenir.
L’alimentation durable : un levier puissant de transition
La bonne nouvelle, c’est que l’alimentation constitue l’un des leviers les plus puissants de la transition écologique.
À condition :
- de la considérer dans sa globalité,
- d’éviter les approches simplistes ou uniquement carbone,
- et d’avancer pas à pas, avec une vision claire et pragmatique.
Quels leviers concrets pour avancer vers une alimentation durable ?
Passer à une alimentation durable ne signifie pas tout transformer d’un coup.
Pour les entreprises agroalimentaires, il s’agit avant tout de faire les bons choix, au bon endroit.
Voici quelques conseils :
1. Travailler sur les pratiques agricoles et les approvisionnements
- intégrer des critères environnementaux et sociaux dans les choix fournisseurs,
- favoriser des pratiques qui préservent la santé des sols et la biodiversité,
- sécuriser les filières dans la durée.
👉 C’est souvent le premier levier d’impact sur l’empreinte environnementale globale.
2. Repenser la transformation et la formulation des produits
- améliorer la qualité nutritionnelle des produits,
- limiter les ingrédients ultra-transformés,
- travailler sur les recettes, les portions et les usages.
👉 Un levier à la fois sanitaire, environnemental et image.
3. Agir sur la logistique, le transport et l’emballage
- optimiser les flux et les distances parcourues,
- réduire les emballages ou améliorer leur recyclabilité,
- limiter les pertes et le gaspillage.
👉 Des actions souvent concrètes, mesurables et rapides à mettre en œuvre.
4. Donner du sens et embarquer les équipes
- sensibiliser les collaborateurs aux enjeux alimentaires,
- créer une culture commune autour de la transition,
- valoriser les actions déjà en place.
👉 Sans adhésion interne, aucune stratégie ne tient dans la durée.
5. Structurer une démarche progressive et réaliste
- poser un diagnostic pour savoir où concentrer les efforts,
- hiérarchiser les actions selon l’impact et les ressources,
- avancer pas à pas, sans chercher la perfection.
👉 C’est souvent là que tout se joue : passer de l’intention à l’action.
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