Beaucoup de dirigeant·es de PME agroalimentaires font déjà des choses en matière de RSE. De bonnes choses.
Mais sans fil conducteur, sans plan d’actions structuré, sans indicateurs de pilotage.
Résultat : une démarche RSE qui existe… mais qui ne se pilote pas.
Voici ce que j’observe sur le terrain — et comment structurer une démarche RSE utile, concrète et durable.
Agir sans structurer : le point de départ le plus fréquent
Une dirigeante me contacte. Elle récupère la chaleur fatale de ses groupes froids. Par ailleurs, elle a amélioré les conditions de travail de ses équipes et elle travaille avec des fournisseurs locaux .
Elle agit. Beaucoup.
Pourtant, rien n’est formalisé.
Pas de plan d’actions.
Aucun indicateur.
Pas de vision d’ensemble.
Progressivement, la situation devient difficile à gérer.
Soit un client demande des preuves, soit la dirigeante réalise qu’elle ne peut plus piloter à vue.
C’est là que commence le vrai sujet : structurer sa démarche RSE.
1. Le cadrage : poser les bases d’une stratégie RSE solide
La première réaction est souvent la même :
“On sait ce qu’on veut faire, allons-y.”
C’est compréhensible. Le temps manque.
Mais sans cadrage, la démarche RSE devient vite :
- incohérente,
- difficile à piloter,
- et rarement alignée avec la stratégie de l’entreprise.
Le cadrage permet de :
- définir le périmètre de la démarche,
- clarifier les objectifs,
- identifier les risques,
- poser un planning réaliste.
Résultat : une direction qui ne pilote plus à l’intuition, mais avec une vision claire et structurée.
2. Le diagnostic terrain : comprendre ce qui se joue vraiment
Le diagnostic est le cœur de la démarche RSE.
Mais pas un diagnostic théorique. Un diagnostic terrain.
Entretiens individuels, analyse des pratiques, observation réelle du fonctionnement de l’entreprise, évaluation basée sur des référentiels (ISO 26000 / 26030).
Et souvent, un constat clé : un écart entre la vision de la direction et la réalité vécue par les équipes.
- Une culture perçue comme transparente… mais peu ressentie
- Des actions environnementales… mais invisibles en interne
Ce n’est pas un problème. C’est une information stratégique.
C’est ce qui permet ensuite de construire une démarche RSE réaliste.
Un questionnaire en ligne ne capte pas cela. Le terrain, si.
3. Structurer la stratégie RSE : co-construire pour embarquer
Une fois le diagnostic posé, on structure la stratégie.
Mais pas seul dans un bureau. Avec les équipes.
À travers des ateliers de co-construction, on :
- identifie les enjeux prioritaires,
- cartographie les parties prenantes,
- définit les axes stratégiques,
- priorise les actions.
L’objectif : construire une stratégie RSE adaptée à l’entreprise, pas un modèle standard.
Un plan d’actions co-construit, c’est :
- plus d’adhésion,
- plus d’engagement,
- plus d’efficacité dans la mise en œuvre.
4. Le pilotage : transformer la RSE en levier de performance
Enfin, vient l’étape la plus souvent négligée.
Et oui, beaucoup d’entreprises s’arrêtent au plan d’actions. Pourtant, sans pilotage :
- les actions s’essoufflent,
- les priorités se diluent,
- et la démarche perd en impact.
C’est pourquoi il est essentiel de mettre en place un pilotage RSE.
Concrètement, cela consiste à :
- définir des indicateurs simples,
- suivre l’avancement,
- ajuster les actions dans le temps.
Sans oublier un référent qui pilote la démarche.
Ainsi, la démarche devient un véritable outil de pilotage et de performance.
Ce que le terrain montre vraiment
Dans les faits, les PME agroalimentaires ne partent jamais de zéro.
Elles disposent déjà :
- de pratiques,
- de valeurs,
- d’engagements.
Il leur manque souvent une structure.
Grâce à une démarche RSE bien construite, elles peuvent :
- gagner en clarté,
- mieux décider,
- répondre aux attentes clients,
- sécuriser leur performance dans la durée.
Conclusion : passer de l’action à la stratégie
Finalement, une démarche RSE ne consiste pas à faire plus.
Elle consiste à structurer l’existant pour mieux piloter.
Pour cela, une approche reste incontournable :
- aller sur le terrain
- écouter
- comprendre
- puis structurer
Vous êtes dans ce cas ?
Des actions déjà en place, mais un manque de visibilité ?
Des priorités difficiles à définir ?
Et parfois l’impression de piloter encore “au feeling” ?
